31e Salon

 

17 au 29 juin 2018

 

Le 14e côté jardin - l’APST au vert !

 

Maxime Le Forestier « Comme un arbre dans la ville », Simone Langlois « Près du Parc Montsouris », Henri Salvador « Le jardin d’hiver » ou encore « Comme un petit coquelicot » avec Mouloudji chanté durant ce 31e Salon par la peintre Mouky, accompagnement à la guitare de Roland Erguy sculpteur. Voici donc posé le thème 2018 « Le 14e côté jardin » qui tenait à cœur depuis longtemps à l’APST-14, notamment Henri Lohou dont La Page (avril-juin) présente l’exposition à la Table des Matières rue de l’Abbé Carton, et Jean-Louis Marie peintre de paysages ; il a remporté le Prix Victor Chocquet au Salon National des Arts Plastiques Interfinances de Bercy, succédant à Jean-Pierre Guillemot. (Lire son parcours dans Monts-14 (février-avril).

Ainsi, le slogan de l’artiste Estelle Servier-Crouzat « Nature, Verdure, Peinture, Sculpture », sort de sa réserve à pleins poumons pour rejoindre le programme de la politique de la campagne à la ville, puisqu’il n’est plus question de mettre les villes à la campagne. La Mairie du 14e a déjà donné le ton, mobilisée sur des rencontres, animations, concours, ateliers participatifs d’information, puis de mise en pratique de « la végétalisation » signalée en divers « points remarquables ». Sont désormais tendance, les constructions de jardinières et plantations de semis. Des graines semées pour une Ecologie Urbaine, Agriculture Urbaine. Du sous-sol aux toits et terrasses, éclate et prolifère le végétal, bourdonnent des ruches grâce aux Associations Happy-culteur et l’Abeille Francilienne.

 

Si des lieux discrets du 14e chouchoutent quelques jardins, telle la palette de verdure d’Annie Duperey, d’autres en bouleversent les codes. Agnès Varda a transformé le sien en cabanes, des serres composées de structures métalliques couvrant un intérieur gélatineux de pellicules, celles de son film « Le Bonheur » (1964). Elles protègent un alignement de pots de faux tournesols exposés à la Galerie Obadia Paris 5e, écho de sa première cabane conservée à la Fondation Cartier du 14e. Pour Varda, prime le Bonheur dans les choses simples de la vie. Mais pour les exposants du Salon de juin, le défi est de présenter une vision différente et toute personnelle des jardins, parcs et squares bien connus, de plantations émanant d’initiatives privées ou associatives devenues fameuses. Ainsi, des jardinets épanouis, jardins partagés, suspendus, potagers, carrés de semis et moissons, ceux de l’Association Florimont-Graine de Quatorziens, ceux de la Petite Ceinture, de la rue des Thermopyles, du jardin du Monde-Cité Universitaire avec ses 500 m2 créés et animés par les étudiants résidents. Janine Thibaut, en a présenté dans La Page (février-mars) les étonnantes réalisations depuis 2014, sous la houlette du jardinier Olivier au prénom prédestiné. Et les 600 m2 de jardins des 7300 m2 des toits végétalisés du Centre Bus Porte d’Orléans ...?

 

Les pieds bien sur terre, Jean-Charles Alphand, ingénieur en chef des promenades et plantations de la Ville de Paris, serait-il monté aussi haut de nos jours ? La Mairie de Paris s’est souvenu de lui, organisant pour le bicentenaire de sa naissance en 1817 un colloque prolongé à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme par une exposition. Ses créations, mondialement connues, des Bois de Boulogne, Vincennes, Parc des Buttes Chaumont et en 1865 Montsouris ont résisté au temps et aux modes. Les eaux stagnantes des étangs et lacs artificiels n’avaient pas vocation à être des lieux de baignade. Jean-Pierre Courtiau lui a rendu hommage dans Monts-14 (février-avril) espérant un respect total de cet héritage et Jean-Louis Hennebert du Collectif Montsouris présente l’histoire et le futur « du plus beau jardin de Paris, le plus romantique, les plus beaux arbres » dans Monts-14 (mai-septembre). Jacqueline Lescurier, secrétaire de l’APST et talentueuse portraitiste a réalisé pour le salon, le portrait d’Alphand qui veille sur les 64 œuvres dessinées, peintes, sculptées des 19 exposants, dont 36 sur le thème du jardin, en la Galerie Montparnasse devenue Espace Vert du 17 au 29 juin.

 

Cette couleur verte si longtemps évitée chez les couturiers - symbole de mort - mais fidèle à son contre poison, le caducée salvateur du monde médical, s’associe désormais à l’esprit jardin et l’esprit Bio des « circuits courts » qui se sont emparés de l’espace et des modes. Passant par nos assiettes, on y déguste désormais des fleurs charmant l’épicé et le salé, des confiseries flattant les fines herbes. Si de nouveaux prénoms fleuris réveillent les calendriers, pourquoi ne pas « végétaliser » quelques plaques de rues, avenues, redondantes ou endormies ? De quoi éveiller le promeneur toujours curieux de l’histoire des quartiers, celle de la Coulée Verte ou des voies à connotations horticoles, comme les rues des Arbustes ou des Plantes.

 

                                                                                                                               Marie-Lize Gall

                                                                                                                                    Présidente

 

          Avec Moustaki « Il y avait un jardin », avec Dutronc « Le petit jardin »,